De mon 3.5 pièces à mon sac de 70l…

Mes cartonsMême si j’apparais aux autres voyageurs tranquillement assis à ma porte d’embarquement à pianoter sur mon clavier d’ordinateurs, mes pensées vont dans tous les sens. Je pense à vous tous que je connais en Suisse et ailleurs ! La nostalgie de tous les bons moments partagés avec vous, tout particulièrement ces derniers mois avant mon départ  m’envahit. Je réalise que j’ai bel et bien quitté mes proches et mes amis, mon trois pièces et demi et que j’ai emballé mes quelques affaires dans des boîtes en carton. Mon chez-moi pour les prochains sera les routes du monde accompagné de mon sac à dos.

A l’instant, l’excitation, mais aussi l’appréhension de l’inconnu m’assaillent sans cesse. Que vais découvrir ? Qui vais-je rencontrer ? Pourquoi ai-je pris le contre-pas de partir globe-trotter ? Ne sachant quoi répondre pour l’instant, je vous laisse Mon sacavec cette citation qui semble me correspondre :

A lot of us first aspired to far-ranging travel and exotic adventure early in our teens; these ambitions are, in fact, adolescent in nature, which I find an inspiring idea… Thus, when we allow ourselves to imagine as we once did, we know, with a sudden jarring clarity, that if we don’t go right now; we’re never going to do it. And we’ll be haunted by our unrealized dreams and know that we have sinned against ourselves gravely.

Tim Cahil, « Exotic places made me do it »

 

Libérez Tolino !

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Je continue dans ma série sur notre droit inaliénable de posséder intégralement les objets et les données que l’on achète. J’ai opté récemment pour l’achat d’une liseuse à encre électronique (e-ink) : Le Tolino Shine. Sa principale force est de lire un large éventail des formats de livres électronique (y compris ceux grevés d’une protection numérique). Il a également un retro éclairage pour pouvoir lire la nuit. En plus, Le Tolino tourne sous Android/Linux et a une carte wifi. La finissions était à mon goût meilleure que le Cybook Odyssey qui a les même caractéristiques techniques.*

Toutefois, rien n’était accessible depuis l’interface verrouillée par le fabriquant pour activer ADB et pour prendre le contrôle intégral du système. Mais voilà, c’est (déjà) chose faite, un hacker allemand a trouvé le moyen d’obtenir les accès root sans ouvrir le Tolino. Et c’est très simple, voilà comment devenir le maître (root) de votre Tolino :

  1. Téléchargez l’image de recovery modifiée
  2. Copiez l’image sur une carte externe en la renommant recovery.img
  3. N’oubliez pas de faire un ‘sync’ (ou d’éjecter correctement la carte) et de vérifiez la somme MD5 (12b632ccda3d5ad0bee4b04606d6bf5b)
  4. Introduisez la carte dans le Tolino allumé
  5. Patientez sagement sans rien faire jusqu’à ce que le Tolino s’arrête (le processus se passe en arrière plan, aucune indication n’est visible.)
  6. Démarrez le Tolino en mode recovery en pressant sur la touche Home et Power
  7. Ajoutez le code revendeur 0x1f85 dans ~/.android/adb_usb.ini
  8. Lancez adb start-server, puis adb devices

Et voilà, adb shell tourne avec les droits root sur votre Tolino: à vous la liberté absolue. Il est ainsi possible d’ajouter le Google Play Store et plein d’applications Android. Toutefois attention, le petit Tolino peut vite saturer… ce n’est pas un dual cœur comme les téléphones portable de nos jours.

Plus de lecture sur le sujet:

Au passage, on notera qu’à l’intérieur du Tolino se cache une carte micro SD de 4Go, donc potentiellement échangeable pour augmenter la mémoire totale de la petite boîte.

* A souligner: le Cybook a une longueur d’avance sur le Tolino, pusique son code source est disponible sous GPL.

Le droit de lire ?

Ou comment, j’ai passé ma soirée à essayer d’ouvir un livre…

Voilà, j’ai acheté une liseuse électronique. Je l’ai choisie pour la qualité de sa finission, l’écran rétro-éclairé, mais surtout pour le fait qu’elle supporte un grand nombre de formats de fichiers et qu’elle n’est pas liée à un revendeur particulier comme le Kindle d’Amazon ou le Kobo de La Fnac. Je m’empresse donc d’acheter un livre électronique au format ePub. Le premier déboire auquel je m’expose est qu’il est impossible de l’acheter sur un site français avec une adresse postale en Suisse. A l’époque d’Internet, j’ai toujours de la peine à comprendre ce genre de limitation géographique, mais passons. J’arrive finalement par le bias du revendeur suisse à obtenir le fichier du livre. Mais tout ce que j’obtiens  est un fichier illisible car menotté numériquement par le gestionnaire de droits d’Adobe.

RADlLe résultat sera que pour pouvoir lire mon livre acheté légalement sur ma liseuse personnelle, j’ai dû contourner les protections numériques de celui-ci. Or, voilà ce que dit la loi suisse à ce sujet:

Art. 39a, alinéa 1 Il est interdit de contourner les mesures techniques efficaces servant à la protection des œuvres et d’autres objets protégés.

Toutefois, une clause de sauvegarde fait heureusement que je ne suis pas punissable :

Art. 39a, alinéa 4 L’interdiction de contourner ne peut pas frapper celui qui contourne une mesure technique efficace exclusivement dans le but de procéder à une utilisation licite.

Je pense toutefois que le consommateur est fortement lésé par ces menottes numériques, j’ai bien failli perdre l’argent mis pour l’achat de ce livre, alors que si je l’avais simplement téléchargé illégalement sur un serveur de partage de fichiers, je n’aurais pas eu à lutter pour le déverrouiller… J’encourage donc les éditeurs et revendeurs de fournir des fichiers sans protection numérique. Les consommateurs sont prêts à payer pour avoir accès rapidement et facilement au contenu qu’ils désirent, mais si vous ne les respectez pas et que vous entravez l’utilisation des fichiers acquis légalement, il y a de forte chance que les prochaines fois ils ne passent pas par votre canal de diffusion.

A ce sujet :

 

Pas Jolie Jolie…

Ces derniers jours, la presse people nous a parlé à coup de gros titre de l’ablation des seins de madame Jolie pour palier à un risque très élevé d’une forme rare de cancer du sein (touchant 0.2% des femmes). Je trouve touchant qu’on s’intéresse à la féminité de madame, sous prétexte qu’elle est connue. Ce que pourtant trop peu de journaux révèlent est bien plus préoccupant: l’ADN de madame ne lui appartient pas! En effet, il y a plus d’une dizaine d’année, Myriad Genetics a obtenu un brevet au USA sur les mutations BRCA 1 et 2 (pour BRest CAncer) du chromosome humain numéro 17.300px-brca1_en2_wikipedia_cc

Cette entreprise américaine a en effet découvert la corrélation entre cette mutation et le cancer du sein. Toutefois notons au passage que cette découverte a été faite en collaboration avec une université financée en bonne partie par le secteur public. Pourtant Myriad a pu durant des années vendre à des prix exorbitants des tests détection de ce risque de cancer. Les frais imposés par Myriad sur ces tests coûtent, aujourd’hui, environ 10’000 fois plus cher que le coût effectif de séquençage de deux gènes. L’argument des avocats de Myriad qui devront à nouveau défendre ce brevet devant la cour Fédéral des États Unis est que l’ADN isolé n’est pas le même que l’ADN naturel ce qui leur donneraient le droit de détenir un brevet. Mais, à aucun moment, Myriad n’a démontré une invention nouvelle et leur brevet n’a été utilisé que pour maximiser leur profit. À mon avis, les enjeux éthiques sont bien trop important, surtout dans le domaines de la santé, pour que quelqu’un puisse posséder un brevet sur un gêne.

me_218_coldvirus-640x199(♡ 2013 Mimi and Eunice)

Probablement que dans quelques années, les citoyens lambdas seront poursuivit par ce genre d’entreprise de Biotech pour avoir séquencé eux-même leur génome avec des kits «Do-it-yourself genetic testing». tout comme on pourchasse de nos jours les personnes possédant des copies de fichiers audiovisuels.

Plus d’informations:

 

Chromosome 17, CC-BY-SA Kuebi, Wikipédia

L’Horloge Humaine

Transporté par des impératifs professionnels pour une simple journée à Paris, je me retrouve à la fin de celle-ci avec un peu plus d’une heure avant mon train de retour. Je tente donc de voir quelque chose de la ville des Lumières dans un stress probablement habituel aux hommes d’affaires. Je  doute cependant que ceux-ce ne prennent ne serait-ce qu’un instant pour lever les yeux de leurs bilans journaliers et de leur agendas débordants.

Horloge Paris

Dans les couloirs du métro disparaissant dans toutes les directions courent les badauds accrochés aux aiguilles de leur montre. Ils ressemblent étrangement au lapin d’Alice Aux Pays des Merveilles. J’en suis quelques-uns et me retrouve noyé dans la masse. « Serais-je devenu Alice ? » Un instant je me sens gigantesque, partie intégrante de ce fatras qu’est la vie en ville; pourtant je ne suis qu’une cellule de cet organisme. L’instant d’après, j’ai le sentiments d’être minuscule, insignifiant dans cette marée d’êtres se déplaçant chaotiquement dans les couloirs labyrinthiques des transports en commun. « Définitivement, je suis Alice. » Je me retrouve à suivre frénétiquement les flèches indiquant la direction visée, comme si j’étais à la recherche de la porte qui me mènerait à un autre monde.

Aux gré de mes déplacement, je me retrouve tout à coup au cœur d’une horloge géante avalant tranquillement les passants suspendus au temps. Leurs pas, nos pas résonnent dans les escaliers en colimaçon tel le bruit mécanique de cette horloge. Pourtant chaque personne n’est qu’un infime grain de sable de ce merveilleux sablier humain. Je suis entraîné vers le bas de l’escalier avec la foule hypnotisée par les secondes qui s’égrainent.

Une fois à proximité des aiguilles, symbolisées par des lampes de différentes couleurs intégrées dans le sol, je me joue de celles-ci. Depuis le centre du cadran, j’observe l’espace d’un instant les aiguilles distribuer paisiblement les gens pressés dans les différentes bouches de métro. En levant la tête je découvre l’ampleur de la mécanique m’englobant : un flot d’humains s’écoule par les différents escaliers haut de plusieurs étages. À gauche, à droite, en haut, partout ! Le fourmillement m’entourant me donne le tournis. Je me surprends à espérer m’affranchir de ce mécanisme et pouvoir ignorer les aiguilles menaçantes… mais trop tard, ma main glisse dans ma poche pour attraper ma montre. Me voilà à nouveau un simple grain de sable en mouvement pour aller prendre mon train. Je n’ai pas l’impression d’être sorti de mon rêve… vite ! Je vais être en retard pour le thé !

Horloge, CC-BY-SA-NC Mamsuco est absent et sans pc (Flickr)

C’est reparti ?

Et oui, voilà, c’est reparti. Je me relance dans l’aventure de maintenir un blog. Je vais tenter de l’alimenter avec mes commentaires sur les liens que je partageais ces dernières années sur mon profil Facebook ou plus rarement sur mon compte Twitter. Pour ne pas perdre de lecteurs et continuer à toucher la masse de gens, tous les billets publiés sur mon blog seront automatiquement relayés sur ces deux canaux de communication, ou plus précisément de diffusion de masse, puisque il n’y a pas de récepteur défini. Toutefois, j’espère que vous ferez partie de mes lecteurs réguliers.

Quelques explications à propos de mon compte Facebook

Ce billet est destiné à mes amis virtuels du réseau social Facebook. En effet, vu le contenu de mon compte sur celui-ci, je pense que je leur dois quelques explications.

Comme vous l’aurez remarqué mon profil me sert de moyen de propagande pour différentes causes que je trouve justes et importantes pour l’avenir de notre société. Le dénominateur commun de tous les messages et liens postés sur Facebook est « la Culture Libre ». La culture s’entend ici au sens large du terme, elle englobe donc tous les savoirs et publications scientifiques, logiciels informatiques, algorithmes mathématiques, au même titre que les créations littéraires ou artistiques de toutes formes. Vous vous demandez maintenant très certainement, mais qu’est-ce que peut bien donc signifier le terme « Libre » accolé à la culture ? Pour faire simple, prenons un exemple : supposons que j’aie une pomme, alors que vous n’en ayiez pas. Si je vous la donne, je ne pourrais plus la manger, si je la garde vous ne l’aurez pas. On parle ici de bien rival, comprenant donc tous les objets physiques qui nous entourent. Au contraire de la pomme, si j’ai une idée – dans le sens élargi, cela pourrait être un poème, une chanson, une expérience scientifique, un logiciel, un théorème, … – et que je vous l’explique, vous aurez ensuite la même idée en tête. Moyennant le temps, et le coût éventuel pour vous transmettre mon idée, nous avons dupliqué celle-ci, et nous pouvons désormais l’utiliser simultanément sans aucune rivalité. Pour résumer cet exemple, les biens physiques sont des biens rivaux dont la jouissance est limitée par leur disponibilité. À l’opposé, tout ce qui fait partie de la « Culture » mentionnée ci-dessus fait partie des biens non-rivaux, qui, lorsqu’on les partage, contre rémunération ou non, génère forcément des copies.

En partant de ce fait, et en observant qu’Internet n’est rien d’autre qu’une gigantesque machinerie permettant de copier de la culture, à un coût négligeable, il n’est pas justifiable de :

  • restreindre l’accès à la connaissance
  • d’interdire les copies et le partage d’informations avec son voisin
  • de créer artificiellement de la rareté par l’usage de restrictions numériques ou toutes formes de censures

La Culture Libre agit pour l’égalité en droits des Hommes face à la connaissance et aux œuvres de l’esprit qui en découlent. Une œuvre libre possède quatre libertés fondamentales [1] :

 1. La liberté d'utiliser l'œuvre pour tous les usages ;
2. La liberté de la copier et de diffuser des copies ;
3. La liberté de l'étudier ;
4. La liberté de la modifier et de diffuser des copies de l'œuvre résultante.

Gardez en tête que l’expression « libre » ne fait pas référence au prix mais à la liberté d’utilisation : « libre parole », mais pas « entrée libre ». Le Libre n’est pas non plus anti-merchantilisme. Toutefois les règles ci-dessus implique un nouvel ordre économique, elles impliquent une nouvele forme de compétition qui n’est plus basée sur des monopôles absolus sur les créations culturelles. Les situations de coopétition qui en découlent sont profitables à nous tous, et non aux énormes multinationales. C’est pour cette dernière raison que « le Libre » et combattu avec autant d’ardeur par les plus gros acteurs des marchés de la culture (Disney, Microsoft, Apple, Sony, Adobe, …). J’espère qu’avec votre aide la récente invention des monopoles sur la culture, apparu avec l’imprimerie au XVIe siècle, disparaîtra et ne sera qu’une petit écart temporaire. En effet, la culture ne peut se développer qu’à travers les échanges au sein d’une communauté.

Source :

[1] Quelques phrase de cet article sont tirée de l’article « Culture Libre », qui est un est un des plus impressionant exemples de cette dernière.

Pour aller plus loin

Voilà les thèmes abordés dans mes messages :

  • Logiciels libres : un logiciel n’est rien d’autre qu’un algorithme, il n’est donc pas acceptable que sont usage restreigne une des libertés fondamentales citées ci-dessus.
  • Propriété intellectuelle : On ne devrait pas utiliser ce terme, car, comme démontré plus haut n’importe quelle idée ne peut qu’être copiée. Une fois expliquées, elle appartient aussi à l’autre personne. À ce sujet, j’aime bien la citation suivante : « La propriété de la pensée ! Autant vaudrait dire la propriété de l’air renfermé dans le ballon que je tiens dans ma main. L’ouverture faite, l’air s’échappe; il se répand partout, il se mêle à toutes choses: chacun le respire librement. Si vous voulez m’en assurer la propriété, il faut que vous me donniez celle de l’atmosphère: le pouvez-vous ? » Louis Blanc
  • Interopérabilité : Si un logiciel ou un produit numérique a une fonction utile, elle mérite de pouvoir intéragir avec n’importe quel autres logiciels, sans restriction d’accès ou de mise en œuvre. Les données produites doivent être disponible dans un format ouvert.
  • Brevets : L’utilisation actuelle des brevets n’encourage pas la recherche, comme vanté par les offices des brevets et grosses entreprises, mais elle permet la création de monopole et d’empêcher la concurrence. Un système de brevet non bloquant, c’est à dire utilisable par tous, mais donnant droit sur un court laps de temps à des revenus annexes sur les produits des concurents, pourrait encourager la recherche et favoriser la compétition économique.
  • Logiciels propriétaires (ou privateurs) : l’opposé des logiciels libres, qui privent l’utilisateur d’une, de plusieurs ou de toutes les libertés fondamentales. On parle de logiciels privateurs, car ils vous privent de vos libertés fondamentales.
  • Liberté de paroles, droit de lire, droit à Internet : La démocratie est basée sur la liberté des individus, celle-ci passe par le droit à dire ce que l’on pense, par le droit d’accéder à l’information. Internet est donc fondamental en soi.
  • Creative Commons ou CC : licences pour œuvres libres (attention toutes ces licences ne sont pas libres)

Rien à voir :

  • Sphère privée : J’en parle plutôt pour vous informer des dangers à ce sujet. Une règle d’or à ce sujet, n’écrivez rien sur Internet que vous ne voudriez pas voir figurer sur votre tombe.
  • Dvorak : La disposition de clavier que j’utilise.

L’impôt informatique

J’ai beaucoup aimé ette citation :

Wie der Philosoph Slavoj Žižek sagt, ist es der Firma Microsoft mit ihrem Quasi-Monopol gelungen, der Menschheit eine Art Informatik-Steuer aufzudrücken – für Dinge, die in den öffentlichen Sektor gehören. Es ist, wie wenn eine mächtige « Firma Gutenberg » jedem Buch- und Zeitungsleser eine Sondersteuer für das Lesen von gedruckten Buchstaben verlangen würde.

En Français :

Comme le dit le philosophe Slavoj Žižek, Microsoft a réussi avec son quasi-monopole a imposer une sorte d’impôt informatique à l’humanité – pour des choses qui appartiennent actuellement au domaine publique. C’est comme si une puissante « Entreprise Gutenberg » percevait, à chaque lecture de livres et de journaux, un impôt spécial sur les caractères imprimés.

Optez pour un lecteur de PDF Libre !

Vous aimez les PDF (portable document format) pour transmettre des données formattées à des amis ou collègue, ou pour lire des documents trouvés sur le web ? Si oui, avez-vous déjà pensé à utiliser un lecteur de PDF Libre pour assurer la pérennité des versions ouvertes sans brevets ni DRM de ce formats de fichier ?

En effet, c’est le seul moyen pour que vos données restent accessibles en tout temps et que le web ne deviennent pas dépendant d’un éditeur de logiciel particulier ! De plus l’utilisation de Logiciel Libre assure la protection votre vie privée et de vos données sensibles. Plus d’information sur http://pdfreaders.org, la traduction en français réalisée par mes soins devrait être disponible sous peu.

Image Firefox sous licence CC-BY-NC Mozilla Foundation

Mobilisation Générale

Le soldat, paquetage complet au dos, marchait d’un pas grave pour rejoindre son point de rassemblement en pensant que jamais durant son école de recrue, il n’aurait imaginé se retrouver devant une telle situation. Autour de lui, quelques dizaines d’hommes, venant de tous les coins du pays, se dirigeaient au même endroit. À peine arrivé, le voilà déjà en train de toucher son matériel personnel : tenue de camouflage, veste d’hiver, combinaison de protection chimique intégrale, et, bien entendu, une ration de survie. Tout cet équipement lui servira lors de sa rencontre avec l’Ennemi. Sur la place d’arme, flotait un drapeau rouge à croix blanche, rappelant aux hommes pourquoi ils étaient venus aujourd’hui, au-dessous de celui-ci retentissaient les ordres des différents officiers. Dans un semblant d’ennuis, la section d’une vingtaine d’hommes, à laquelle appartenait désormais le soldat, contrôlait consciencieusement les paquetages selon les indications de leur supérieur hiérarchique. Chaque homme se souvenait déjà péniblement, que le jour d’avant, il était encore à son poste d’ingénieur, de technicien, d’informaticien, ou alors assis à l’université pour continuer sa formation. Tous pensaient également à leurs familles et amis restés fidèlement à leur poste pour maintenir l’économie du pays en place en ces difficiles jours, mais voilà, ils avaient été mobilisés et avaient obéis aux ordres de marche. Un peu plus tard, alors que le nombre d’hommes sur la place avait considérablement augmenté avec les derniers arrivants, on fit se rassembler les quelques centaines de soldats. La compagnie écoutait maintenant attentivement le discours d’encouragement du chef de leur unité. On leur parlait de la volonté et de l’engagement dont ils allaient devoir faire preuve devant l’Ennemi, de la solidarité nécessaire pour aider leurs camarades, s’il devait arriver quelque chose de tragique, de la confiance que l’on mettait en eux et qu’ils devaient posséder, et, tel un jour de jugement dernier, on leurs parlait de religion et de purgatoire. La suite de la journée fût occupée par la préparation pour l’arrivée prochaine de l’Ennemi; tout devait être prêt pour l’accueillir de la meilleure façon. Rien n’était laissé au hasard, on s’assura que chaque homme avait son matériel paré à toutes éventualités, qu’il en connaissait chaque pièce, et était capable de s’en servir. Le nuit tombée, pour motiver les troupes, on leur servit un plat sortant de l’ordinaire pour un cadre militaire : une fondue. Celle-ci représentait le symbole de leurs valeurs communes, celles qu’ils devraient défendre devant l’Ennemi. Autour de la conviviale fondue, les hommes oublièrent, pour quelques instants la situation dans laquelle ils se trouvaient, et ils discutèrent à vives voix de leur vie d’avant. Suite à ce dernier repas, partagé telle la Sainte Cène, les sections se rendirent dans leur cantonnement respectif pour y passer la nuit. Cinq heure, diane : le sergent major, avec la précision d’un coucou suisse, poussa énergiquement les portes des chambres et y alluma les lumières pour réveiller les hommes encore profondément assoupis. La nuit fût courte, mais les préparatifs pour être en mesure de recevoir au mieux l’Ennemi étaient encore nombreux. Dans la fraîcheur matinale, les soldats, en rang par deux, se rendirent dans un autre bâtiment pour prendre rapidement leur petit déjeuner. Un peu plus tard, sur la place d’arme, le soldat prit un instant pour observer l’horizon, où, pointaient les silhouettes des majestueuses montagnes, sur lequelles les rayons de soleil, tels des pinceaux d’artiste, mélangeaient leurs couleurs rouges orangées sur les nuages déjà bien présents dans le ciel. La compagnie s’entraîna et se prépara sans relâche toute la matinée, les hommes savaient que l’Ennemi allait arriver d’un moment à l’autre. La tension ambiante était matérialisée par le ciel, qui devenait de plus en plus menaçant; l’épaisse couche de nuages qui s’était formée s’abaissait progressivement, masquant complètement l’horizon. Le vent s’était aussi levé, soulevant au passage, la multitude de feuilles mortes jonchant le sol. La nature semblaient signaler aux hommes que la fin était proche. Une fois le casse-croûte de midi dévoré, les ultimes recommandations tombaient, pour s’assurer qu’ils étaient bien prêt pour affronter l’Ennemi on fit encore répéter aux soldats machinalement tous les gestes enseignés. Quelques problèmes minimes furent encore réglés dans le seul bruit métallique de soldats courant avec tout leur équipement de guerre. Soudain, les dernières nouvelles arrivèrent : l’Ennemi avait atteint les portes, on aligna donc les soldats inquiets qui tentaient de se souvenir de tous les détails appris. Le ciel était prêt à s’effondrer sur les casques des soldats; la tension était à son comble. Désormais, ils voyaient l’Ennemi. L’Ordre fusa :  Compagnie, GARDE À VOUS ! puis, le Divisionnaire inspecta la troupe durant une petite dizaine de minutes, qui parurent une éternité pour les hommes qui n’étaient plus habitués à une telle position inconfortable. Comme pour clore la scène, un rideau de pluie descendit sur la place d’arme.  Compagnie, REPOS ! ordonna le capitaine, mettant fin au spectacle.  »Toutes ressemblances avec des faits et des personnes réels pourraient ne pas être entièrement fortuites »