The Big Five for life

Inspiré par ma dernière lecture, j’ai envie de vous la partager. Comme certains le savent déjà, je n’ai pas l’habitude de lire des romans. Mes lectures se portent soit sur des livre de développement personnel ou alors à caractères scientifiques. Ces livres me permettent de mieux saisir notre manière de vivre et de réagir ou de mieux comprendre le monde qui nous entoure. Le livre dont je vais vous parler dans ce billet s’intitule « The Big Five For Life » (« Les cinq grands pour la vie »). Contrairement à d’autres livres de management ou de développement personnel, celui-ci est romancé ce qui rend sa lecture très agréable, tout en nous enseignant ses principes par l’exemple plutôt que théoriquement. Si vous comptez désormais le lire, ce que je vos recommande, mieux vaudra revenir ici plus tard, car ce qui suit est un résumé des enseignements les plus importants de celui-ci.

Toute l’histoire de ce livre tourne autour d’une question centrale, un peu déroutante : « Est-ce qu’aujourd’hui est une bonne journée pour votre musée ? » C’est par celle-ci que Thomas Derale interpelle Joe lors de leur première rencontre un bête lundi matin sur le quai du métro. Ce sera au fur et à mesure de leurs rencontres que Joe découvrira ce qui se cachait derrière cette question. Le musée dont parlait Thomas serait votre propre musée — celui qui révèlerait votre vie, mais non pas comme vous souhaiteriez la montrer aux autres, mais exactement comme vous la vivez. Si vous êtes toujours de mauvaise humeur, ou déprimé par ce que vous faites, cela apparaîtrait dans les photos illustrant ce musée spécial dont vous seriez, une fois votre vie terminée, le gardien ad eternum. Comment vivriez-vous si votre manière d’agir et votre humeur seraient conservées chaque jour pour remplir ce musée ? Prenez un instant pour visualiser votre musée jusqu’à aujourd’hui… satisfait ?

Thomas Derale est un caractère ultra-charismatique qui a su rester simple, malgré son succès en tant qu’entrepreneur. Il est à la tête d’un empire de quatorze entreprises employant des centaines de personnes. Il doit sa réussite à l’adéquation entre sa manière de vivre et le but de son existence. Il souhaitait donner aux gens l’opportunité de se réaliser et d’être elles-même en harmonie avec leur travail. Au sein de ses compagnies, il n’a donc engagé que des gens en accord avec le poste proposé et leur but personnel. Que verriez-vous, en effet, dans votre musée si votre vie n’était pas en accord avec votre but personnel de l’existence ? Probablement que celui-ci serait triste et noir. D’après Thomas, chacun d’entre-nous doit définir son propre but, il n’en existe pas un, identique pour chacun d’entre nous, il est personnel. Ce qu’il montre de manière excellente au travers d’exemples variés, mais pour cela je vous laisse vous plonger dans ce livre.

Joe va encore recevoir de Thomas un autre enseignement auquel se réfère le titre de ce livre. Les Big Five For Life – les cinq grands pour la vie — qui font écho au cinq grands animaux que l’on peut voir durant un safari dont Thomas était un fan. Si, lors d’un safari, vous ne voyez que trois de ces cinq animaux, celui-ci sera considéré comme moyen, quatre excellent et cinq parfait. D’après Thomas, en plus du but de l’existence, que l’on pourrait voir comme la manière de prendre le chemin, il demande à chacun de ses employés de définir les cinq choses qu’ils souhaiteraient atteindre ou avoir dans leur vie. Celles-ci seront comme des objectifs qui permettent de décider où aller. Pour s’assurer que chacun est en accord avec le but de son existence et ses big five, ses collaborateurs ont tous explicitement au dos de leur carte de visite leur big five ainsi que leur but personnel.

Les gens sont comblés de travailler pour Thomas puisque en accord avec leur but personnel et pouvant réaliser leurs big five. Les employés de Thomas sont donc plus motivés, plus efficaces, donc plus productifs. Ceux-ci sont aussi beaucoup moins sujet à quitter leur poste, ce qui augmente encore la productivité et réduit les coûts en évitant de devoir reformer continuellement de nouveaux collaborateurs. Pour Thomas, si les coûts plus l’effort engagé sont plus petits que les bénéfices attendus (C + E < B) cela vaut la peine de le faire. C’est cette recette qui a amené sa réussite.

Je vous invite donc à définir vos big five et votre but personnel et, peut-être, à les partager. De mon côté, j’y pense encore, mais voilà ce qui est passé par ma tête juste après cette lecture.

But de l’existence :

J’aimerais utiliser mon attrait et mes connaissances en science et dans les technologies de l’information pour la réalisation de projets innovants contribuant au bien commun.

Big five:

  •  Parler 6 langues couramment
  • Pratiquer du sport de manière adaptée à ma condition physique, si possible dans la Nature
  • Profiter du temps à disposition pour découvrir le monde et ses habitants
  • Contribuer à la communauté dans les domaines qui ont de la valeur à mes yeux
  • Vivre une relation de couple harmonieuse
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Un téléphone équitable ? Le Fairphone.

fairphone-logo@2x Après cinq ans de bons et loyaux services, j’ai décidé de troquer mon ancien téléphone contre un Fairphone. Mon vieux HTC trouve une deuxième vie et fait entrer ma maman dans le monde des téléphone intelligent — ou smartphone, pour les utilisateurs d’anglicismes. Mais qu’est-ce que ce téléphone équitable ? Qu’offre-t-il de plus par rapport au marché actuel ?

Alors que les premiers i-téléphone version six font la une en se pliant dans les poches de leur propriétaire, un groupe d’utilisateurs utilisent désormais un téléphone dont le modèle économique et la fabrication depuis l’extraction minière et l’impact environemental en passant par l’assemblage sont les plus équitables et responsables possible. Voilà les critères que se sont fixés les créateurs du Fairphone :

  • une meilleure redistribution des bénéfices le long de la chaîne de production,
  • un contrôle de la provenance des composants pour éviter le financement de groupes armés, impliqués dans des conflits,
  • le recyclage d’anciens téléphones au Ghana, où sont abandonnés de nombreux déchets électroniques
  • une moindre consommation en énergie et une facilitation de la réparation et du recyclage.

Sur leur site web tout est transparent et la progression vers ces objectifs sont exposé ouvertement aux internautes curieux dans leur roadmap. J’ai choisi arbitrairement quelques points que je trouve digne d’intérêt pour montrer la mise-en-œuvre et la cohérence de leurs idées.

FAIRPHONE CostBreakdown_150dpi_130913Par exemple, le prix de vente du téléphone est entièrement détaillé dans une découpe des coûts présentées par la coopérative. Il serait intéressant de voir les montants alloué à la publicité par les marques conventionnelles de téléphones portables, qui en fin de compte est subventionnée par les acheteurs. On notera aussi au niveau du modèle économique que la coopérative Fairphone s’est auto-financée par les pré-commandes de clients qui ont attendus, pour certains, plus d’un an avant de recevoir leur téléphone mais qui étaient convaincus par l’idée et on accepté d’investir dans celle-ci. Aujourd’hui, plus de temps d’attente, si ce téléphone vous intéresse, il y en a en stock et vous le recevrez en quelques jours !

L’extraction minière est réalisée uniquement dans des zones sans conflits pour stimuler les alternatives et aider les populations locales. J’espère que l’exemple du Fairphone fera école, car pour avoir vu des mines aux Laos et visités d’autres en Bolivie, l’exploitation des ressources naturelles n’est réalisée pratiquement que pour minimiser les coûts d’extraction.

L’analyse du cycle de vie complète est en train d’être réalisée, mais on relèvera en premier lieu que le Fairphone n’inclut dans son emballage ni chargeur mirco-usb, ni écouteurs mini-jack d’où une économie substantielle d’énergie grise puisque les utiliseurs peuvent simplement réutiliser ceux qu’ils possèdent déjà chez eux (à l’exception des utilisateurs de i-téléphones qui ne respectent pas, eux, les standards industriels en matière de chargeur).

Le design de ce téléphone s’oppose également à l’obsolécence programmée imposée par nombre de constructeurs. En effet, la réparabilité du Fairphone est qualifiée de relativement bonne d’après le site de réparation communautaire i-fixit et surtout Fairphone fournit la liste complète des composants ainsi que des manuels libres et gratuits de réparation. La batterie peut être remplacée sans outils et les utilisées vis sont standards.

Si vous voulez en lire plus, Le Temps a justement parlé de ce téléphone dans ces colonnes hier. La plus grande ombre qui pèse sur ce genre d’initiative à mon avis est que pratiquement tous les utilisateurs subventionnent par leurs abonnements le remplacement aux deux ans de leur appareils mobiles, il faudrait que l’on puisse payer des abonnements sans payer cette taxe incitant au gaspillage.

Resources CC-BY-NC-SA Fairphone

Du minimalisme

Dix fordad1mois sur les routes du monde, avec mon seul sac-à-dos. J’ai appris à vivre avec un minimum d’affaires, un unique pantalon, deux t-shirts et quelques affaires de montagne pour faire face au froid. Avant mon départ, j’avais aussi décidé de lâcher entièrement prise sur les objets que je possédais. Absolument tout ce que j’avais a été trié méthodiquement à chaque fois avec la même question « vais-je réellement et honnêtement me servir de cet objet dans le futur ». Dans la négative, il a été donné (ou vendu). Combien de choses traînent dans vos armoires, caves, galetas, gardes-meubles, garages pour une potentielle éventuelle utilisation future… et dont probablement, vous aurez oublié l’existence lorsque vous en aurez besoin ? Faites le tri, donnez, vendez, libérez-vous de l’attachement craintif pour les choses, de peur d’en manquer ensuite. « Moins [de choses] c’est plus [de liberté] ». Pensez, si vous n’avez pas le besoin d’acheter constamment et que vous êtes plus satisfait avec ce que vous possédez, ne serez-vous pas plus libre ? Bien au contraire de la pensée de vouloir toujours plus : un meilleur téléphone, une nouvelle voiture, une plus grande maison… et donc la nécessité de gagner plus et ainsi augmenter votre dépendance à votre argent. Cette manière de penser et fonctionner est un lègue malheureux de la surproduction des années vingt où l’on nous a éduqué via la publicité à la consommation compulsive, à l’obsoléscence et à la culture du jetable dans le but d’absorber l’abondance de bien sortant des usines américaines.

Bientôt dix mois sur les routes du monde, avec mes seules pensées. J’ai appris à vivre avec seulement les pensées positives qui m’entourent. J’ai été surpris du nombre d’idées, de préjugés, de manière de voir négatives que l’on traîne comme des boulets avec nous. Entre les gens qui me mettaient en garde avant mon départ : difficultés de revenir, problème pour trouver un travail, dangers autour du monde, solitude… Même entre voyageurs, on se transmet, parfois, nos craintes. En effet, en Asie avant de venir en Amérique du Sud, presque toujours le même refrain : « tu fera attention, il y a tellement de voleurs là-bas, tu tiendra ton sac sur les genoux dans les bus…». Oui, il y a des vols, mais pas forcément plus que chez nous, ni qu’en Asie. Je reste bien sûr alerte, mais j’ai lâché rapidement cette pensée qui m’empêchait de rencontrer les gens puisque je les soupçonnais d’entrée. Et vous combien de pensées négatives vous retiennent de vivre et profiter pleinement de ce qui vous entoure ? Trouvez-les et éliminez les ! N’avez-vous pas non plus des scripts mentaux donnés par vos proches, vos ennemis, votre patron que vous ne faîtes que de suivre par peur de les décevoir ? Si oui, éliminez, effacez et reprogrammez-vous selon vos besoins et vos attentes.

La phrase la plus dangereuse de la langue est « On a toujours fait cela comme ça. »
Grace Hopper

Bien sûr, en partant, j’ai quitté mon confort, la facilité de vie en Suisse – oui, ouvrez les yeux, vous avez un toit, à manger de l’agrent, des proches, des assurances, des institutions bienveillantes et tout le confort possible – pour vivre autre chose et autrement. Qu’avez-vous envie de vivre hors de votre zone de confort ? Briser un peu l’équilibre, vous fera découvrir plein de choses sur vous. Je me suis senti entièrement libre, pouvoir disposer de mon temps pour faire exactement ce qui m’intéresse, apprendre, lire. J’en ai appris bien plus sur le Monde et les différents pays d’un point de vue économique et social que ce que j’aurais pu le faire en restant chez moi. J’ai développé un peu mon habileté à prendre des clichés photographiques. J’ai appris l’espagnol. J’ai réfléchis et pris du recul sur notre monde occidental. Je me suis senti libre et j’en ai profité. « Qu’est-ce être libre pour vous ? »

Ne pourrait-on pas retourner à vivre plus simplement ? Je ne parle pas de retourner dans les bois avec des bougies ou un feu de camp, mais de se poser la question sur notre consommation. Ne pouvant qu’admirer la formulation de José Mujica, président d’Uruguay, je vous la retranscris ici (et vous invite à lire l’entrevue complète) :

« Ce n’est pas l’apologie de la pauvreté mais celle de la sobriété. Mais comme nous avons inventé une société consumériste, l’économie doit croître. Nous avons inventé une montagne de besoins superficiels ; nous vivons en achetant et en jetant. Mais ce que l’on dépense vraiment, c’est notre temps de vie. Parce que lorsque j’achète quelque chose ou que toi tu achètes quelque chose, tu ne l’achètes pas avec de l’argent, tu l’achètes avec le temps de vie que tu as dépensé pour gagner cet argent. A cette différence que la seule chose qui ne peut pas être achetée, c’est la vie. La vie ne fait que s’écouler et quel malheur de l’employer à perdre notre liberté. »

Le temps est plus important que l’argent, car « demain, comme n’importe qui, je serai un tas de vers qui s’en va », votre argent qu’un chiffre dans un ordinateur et vos choses vouées à la décharge.

stuff-cc-lyzadangerNe pourrait-on pas s’offrir plus d’expériences ? Plutôt que des objets dont on va se lasser très rapidement par accoutumance hédonique – le principe physiologique humain de revenir au même niveau de bonheur quoi qu’il arrive —, ne vaut-il pas mieux plonger proche d’une plage paradisiaque ? voir un concert de son chanteur favoris ? sortir dans un restaurant gastronomique avec ses amis ? prendre un cours ? Les expériences créent des souvenirs inoubliables et sont sujettes à la réinterpértation positive. Exemple, une randonnée à ski dans le grand Nord qui se termine par une nuit dehors à dormir sur un traîneau en pleine tempête de neige ? quelle aventure incroyable, non ? Celui qui m’a conté cette histoire avait un grand sourire en y repensant. Essayez à l’occasion l’expérimentalisme plutôt que d’acheter un objet dont vous n’avez pas vraiment besoin et dépenser votre argent dans une expérience… Comment vous sent(ir)ez-vous ?

Pour continuer la réflexion, je vous invite à voir quelques conférences TED en suivant les liens ci-dessous et à lire Stuffocation de James Wallon :

NB: Au passage, je m’excuse au près de Henri Ford pour le mauvais exemple. Il a, en effet, refusé le jeu de l’obsolécence et a continué a produire des voitures fiables durant plus de vingt ans, avant d’être forcé par la concurrence de General Motors, de laisser de côté ses principes.

Photo magasin CC-BY-SA lyzadanger (Wikipedia)