Des Annapurnas au Mustang

Muktinath. Vingtième jour de trek, environ 300 kilomètres et plus 18’000 mètres de dénivelé positifs avalés. Les organismes sont fatigués, mais la tête est sereine et les souvenirs des magnifiques paysages remplissent nos esprits. Je retrace mentalement les chemins empruntés. À chaque instant nos efforts étaient récompensés par la découverte d’un point de vue qui semblait encore plus beau que le précédent.

Notre randonnée débute dans une végétation luxuriante. Les bananiers et les bambous verdoyants bordent les chemins. Les arbres touffus recouvrent tel de la mousse les sommets voisins jusqu’à leur cime. Au fur est à mesure de notre balade autour des Annapurna, les feuillus se parsèment et font gentillement place aux différents conifères plus adaptés aux rigueurs de la montagne. Au détour d’un changement de direction de la vallée principale, les transformations végétations se font encore plus rapides. Les paysages, désormais garnit de pins, d’herbe rase et de petits cours d’eau paisibles, ont des allures d’un Derborence d’avant l’éboulement. Au-dessus de nous, immaculées et dominatrices les cîmes Himalayennes enneigées nous observent, sans changer de visage, durant plusieurs jours. Alors que l’altitude a tranquillement raison des derniers arbres, une toundra alpine aux couleurs rouge ocres sur fond d’herbes sèches prend le relais. Lorsque celle-ci se meurt également, la variété des formes géologiques continuent le spectacle pour notre plus grand plaisir. Après avoir quitté la plaine glacière, notre chemin se fraie un bien minuscule passage dans l’immensités de pyramides creusées par l’érosion au milieu des moraines. Formées d’un amoncellement de petites pierres sur des centaines de mètre de dénivelé, en équilibre instable celle-ci se jouent temporairement de la gravitation. Plus haut encore, lors de notre ascension jusqu’au lac Tilchio, la neige déroule son tapis blanc pour nous accompagner. Le lac Tilichio d’un bleu profond dévore tranquillement un petit glacier se brisant en séracs d’un sommet environnant.

Durant quatre jours, les paysages minéraux nous amènent ensuite jusqu’au Thorung La Pass à 5416 mètres. Celui-ci nous permet de rejoindre le Mustang où les phénomènes de fœhn sont si prononcés, qu’une fois au sommet de ce col, un désert aux milles variations de jaunes, bruns et d’ocres s’offre à nous. Dans le Mustang, taillé patiemment par l’érosion, l’absence de végétation efface toutes les échelles de grandeur. Seul de petits villages disséminés au grès du chemin donnent une taille à ce royaume minéral. Les Chortens et les drapeaux de prières tibétains ajoutent leurs touches de couleurs à cette immensité de roches rouges, oranges, grises.

Tant de variations en si peu de distance et si peu de jours, les Himalayas nous en ont mis plein les yeux et éclaircit nos pensées. J’en suis sûr, nous reviendrons et pas seulement pour les montagnes.

« Les seules pensées zen que vous puissiez trouver en haut d’une montagne sont celles que vous avez apportées avec vous. » Robert M. Pirsig

Album Flickr

3 réponses sur « Des Annapurnas au Mustang »

  1. Wow!!!!! 😀
    Une fois encore, la première chose qui remplit mon esprit après t’avoir lu est un monstre et très admiratif « WOW »!!!! (Accompagné à vrai dire d’un ‘mais c’est quand qu’il revient??!’…mais ça, ça m’arrive plus souvent que juste après t’avoir lu!…;-) :-[ )
    Et ceci, non seulement par l’aisance avec laquelle une fois de plus tu remplis nos yeux et nos âmes avec tes récits oniriques, mais sûrement aussi suite à la plaisante découverte de ces images absolument fabuleuses et incroyablement belles!!! Pas pour continuer à te louer… :-P, mais en plus d’un écrivain remarquable, t’es aussi un sacré photographe! 🙂
    Je te renouvelle donc mes félicitations admirées, accompagnées de mes plus sincères remerciments en tant qu’avide et fervente consommatrice, pour ta si belle et effarante veine poétique et le souhait que t’as toujours de nous la faire partager!!
    Grazie mille!!!
    Buona continuazione, un bacio grande, tua amica Ale B-)

    J’aime

  2. Bon bah, en effet oui, la prestation physique aussi est plus que remarquanble..!!! 300 km!!…Ai, j’ai mal qu’à y penser! ;-):-P
    Bravo les garçons!! ;-):-D

    J’aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s