Scènes de vie à Pokhara

La première activité matinale pour une partie de la population népalaise est de se rendre à un point d’eau pour remplir leurs bidons, jarres ou bouteilles en plastique. Pendant ce temps, les boutiques ouvrent leur unique store et la marchandise est exposée à même le trottoir. Bordant chaque rues et ruelles ces échoppes semblent toutes désespérément vendre les même articles enrobés dans des emballages plastiques multicolores. Ces derniers une fois ouverts décorent tristement les environs des routes, des chemins et des cours d’eau. Au milieu des marchands, un petit café constitué d’une sorte de minuscule garage modestement fourni de quelques tables, chaises et de bancs fait, comme tous les matins, son plein de clients. Les gens y boivent calmement leur thé chai.

Plus tard dans la journée, il n’est pas rare de voir les gens simplement assis ici ou là attendant que quelque chose se passe : qu’un client achète quelque chose, qu’un touriste prenne un taxi ou simplement que les heures passent. Aucune une lueur d’ennuis n’est décelable sur les visages. On y verra juste de la tranquillité ou un sourir accompagné d’un « hello » ou « namaste » aux occidentaux passant par là. Parfois, un carambole ou un « Hâte-toi lentement » animent la journée d’un petit groupe. Au hasard de mes déplacements, j’aperçois, devant une pharmacie, un attroupement. Curieux, je jette un œil au centre du groupe pour me rendre compte que tout simplement une partie d’échec s’y déroule.

La tranquillité des gens et leur amabilité rendent la vie ici et très agréable même si toutes les commodités auxquels nous sommes habitués dans nos pays ne fonctionnent pas, ou n’existe pas encore. La modernité au Népal s’exprime par trois choses : les claxons incessants, les plastiques omniprésents et surtout les téléphones portables. Tout le monde a son téléphone,1 on ne sera donc pas trop étonné de voir une personne vendant quelques pomme-de-terres étalées à terre sur un bout de sac de jute pianoter sur son combiné attendant patiemment un client. D’un autre côté, plein d’autres aspect de la vie sont encore très rudimentaires. Au bord du lac Fewa on assiste ainsi au lavage des vêtements d’une large classe de la population. Le long des routes depuis Kathmandou, il n’était pas rare non plus de voir les gens se laver à un simple robinet devant leur maison. Bien que des transports locaux par des microbus existent, le moyen de transport le plus utilisé est la marche.

De nuit, au grès des coupures de courant, la lumière blafarde d’une simple bougie éclaire les moins fortunés. Pour les autres, les craquettements des criquets sont couverts par les ronronnements mécaniques d’une génératrice produisant l’électricité nécessaire à l’éclairage. Les signes d’un coupure de courant ne sont ainsi au premier abords pas si évident, mais au fur et à mesure des jours, nous reconnaissons les zones habituellement éclairées. En l’absence de tout éclairage public nous, occidentaux, passons pour des gens étranges avec nos lampes frontales.

Note : Vous pouvez suivre et regarder mes autres photos sur Flickr directement.

Album Flickr

1. Enfin presque, le taux de pénération est d’environ 65%.

4 réponses sur « Scènes de vie à Pokhara »

  1. Franchement François, c’est beau comment tu écris! Normalement, je ne suis pas une adepte des blogs, mais ton style m’a bien accroché! Je vais revenir y jetter un coup d’oeil de temps en temps, entre 2 règles de grammaire allemande et ses exercices! Et tes photos… Continue, c’est beau la vie! En passant, ton vélo est très utile ici à Winterthur!! Je suis rendue une vraie urbaine!! 😉

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