L’Horloge Humaine

Transporté par des impératifs professionnels pour une simple journée à Paris, je me retrouve à la fin de celle-ci avec un peu plus d’une heure avant mon train de retour. Je tente donc de voir quelque chose de la ville des Lumières dans un stress probablement habituel aux hommes d’affaires. Je  doute cependant que ceux-ce ne prennent ne serait-ce qu’un instant pour lever les yeux de leurs bilans journaliers et de leur agendas débordants.

Horloge Paris

Dans les couloirs du métro disparaissant dans toutes les directions courent les badauds accrochés aux aiguilles de leur montre. Ils ressemblent étrangement au lapin d’Alice Aux Pays des Merveilles. J’en suis quelques-uns et me retrouve noyé dans la masse. « Serais-je devenu Alice ? » Un instant je me sens gigantesque, partie intégrante de ce fatras qu’est la vie en ville; pourtant je ne suis qu’une cellule de cet organisme. L’instant d’après, j’ai le sentiments d’être minuscule, insignifiant dans cette marée d’êtres se déplaçant chaotiquement dans les couloirs labyrinthiques des transports en commun. « Définitivement, je suis Alice. » Je me retrouve à suivre frénétiquement les flèches indiquant la direction visée, comme si j’étais à la recherche de la porte qui me mènerait à un autre monde.

Aux gré de mes déplacement, je me retrouve tout à coup au cœur d’une horloge géante avalant tranquillement les passants suspendus au temps. Leurs pas, nos pas résonnent dans les escaliers en colimaçon tel le bruit mécanique de cette horloge. Pourtant chaque personne n’est qu’un infime grain de sable de ce merveilleux sablier humain. Je suis entraîné vers le bas de l’escalier avec la foule hypnotisée par les secondes qui s’égrainent.

Une fois à proximité des aiguilles, symbolisées par des lampes de différentes couleurs intégrées dans le sol, je me joue de celles-ci. Depuis le centre du cadran, j’observe l’espace d’un instant les aiguilles distribuer paisiblement les gens pressés dans les différentes bouches de métro. En levant la tête je découvre l’ampleur de la mécanique m’englobant : un flot d’humains s’écoule par les différents escaliers haut de plusieurs étages. À gauche, à droite, en haut, partout ! Le fourmillement m’entourant me donne le tournis. Je me surprends à espérer m’affranchir de ce mécanisme et pouvoir ignorer les aiguilles menaçantes… mais trop tard, ma main glisse dans ma poche pour attraper ma montre. Me voilà à nouveau un simple grain de sable en mouvement pour aller prendre mon train. Je n’ai pas l’impression d’être sorti de mon rêve… vite ! Je vais être en retard pour le thé !

Horloge, CC-BY-SA-NC Mamsuco est absent et sans pc (Flickr)

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