De retour dans mes montagnes

Voilà une semaine que je suis de retour chez moi. Je regrette de ne pas avoir eu le temps de partager plus en temps réel mon voyage avec vous, il y avait bien plus à voir et à faire loin d’Internet ! Contrairement à mon premier billet, nous ne sommes malheureusement pas allé à Istanbul pour nous éviter de faire de trop long trajet en train et pour pouvoir prendre plus de temps pour découvrir les places où nous nous sommes arrêtés. Comme vous l’avez découvert dans mes billets précédents, nous avons tout d’abord passé un après-midi à Venise. Ensuite, nous avons visité Budapest, puis nous nous somme rendu en Transylvanie à Braşov. Suite à cela, nous avons fais quelques jours de farniente sur les pages de la Mer Noire à Constanţa. Durant les jours suivants, nous sommes passé par Sofia et Athènes. À Athène, ma chère compagne de voyage a pris la voie des airs pour retourner dans son beau pays. J’ai donc continué, comme prévu, tout seul mon périple de retour en passant par Patras, Ancône, Bologne, Rome et Florence. Tout comme durant les deux premières semaines, j’ai rencontré un grand nombre de voyageurs de tous les continents, ce fût une expérience vraiment enrichissante. J’ai vu de magnifiques choses que je vous invite à découvrir dans ma galerie de photos (désolé, elle a été désactivée). J’ai volontairement fais très très bref, car je ne pense pas que les faits revêtent une grande importance, et je préfère vous faire découvrir quelque unes de mes notes de voyage.

Rails en Roumanie

 

Le temps passe. Et chaque fois qu’il y a du temps qui passe, il y a quelque chose qui s’efface.

Jules Romains

Écris dans le train entre Bucarest (Bucureşti) en Constanţa : Il faut s’armer de patience, beaucoup de patience. Le train avance au pas sur des centaines de kilomètre dans les plaines sèches de Roumanie. On y croise d’autres temps, deux bergers déplaçant leurs moutons, une usine soviétique désaffectée, un quai que personne n’a entretenu depuis la chute du mur … ce genre de visions continuent :

  • un train complet rouillé
  • un troupeau de cinq vaches toutes plus maigres les unes que les autres
  • un paysan à des lustres de toutes habitations avec son seul cheval
  • un drapeau européen flottant à une gare au dessus d’un quai en chantier où « travaillent » une dizaine d’ouvriers désœuvrés
  • une gare de triage de wagons semblant figés à leurs voies depuis des décennies
  • un homme seul travaillant dans les décombres d’une maison en bordure de voie
  • d’énormes nuages de poussière soulevés par les véhicules sur les routes sans asphalte
  • d’innombrables voies de chemin de fer disparaissant entre les herbes sèches
  • une vieille femme sur une charrette de débris de bois tirée par un cheval devant deux villas flambant neuves
  • la pointe d’un minaret à côté d’une église en construction
  • des lignes aériennes distendues surplombant un cimetière de rails rouillés officiant de tombeau pour toutes sortes de wagons de marchandises …

Nous sommes pourtant toujours en Europe, ces images semblent pourtant si peu familières. La seule marque de modernité apparente est la multitude de lignes électriques sillonnant les champs et vignes de l’endroit.

Anachronisme au passage à niveau

Par la suite, mes observations m’ont conduit à observer la manière dont les gens se comportent face au temps qui passe.

Que de temps perdu à gagner du temps !
Paul Morand

Plus nous avançons, plus il me semble que nous remontons le temps. Le train date de la conquête de l’espace. Les gares semblent tomber en ruines à côté de cimetière de wagons. Le temps semble s’écouler à un autre rythme, parfois, il semble même rester figé, comme par exemple lors de notre arrêt forcé à Ruse pour réparer notre train. Les voyageurs locaux n’ont pas l’air affecté par la manière dont les heures s’égrainent. Certains regardent dehors, d’autre fument un cigarette sur le quai, seuls les touristes paraissent dérangés, ce sont les seuls à regarder leur montre à quartz. L’image serait tellement différente si cela se produisait en Suisse. Les passagers stressés et irrités seraient tous suspendus à leur téléphone mobile pour informer collègues, patron, amis et familles du retard de leur moyen de transport. Je pense que le rapport au temps est totalement différent ici. J’en viens à vivre comme les gens du coin : ne pas être affecté par un retard, ne pas me demander ce que je ferais dans les heures qui viennent. J’apprends à vivre simplement le moment présent; durant le trajet, ce fût en écoutant différentes musiques, en lisant ou en observant durant des kilomètres les paysages défilant au rythme des voies. Ces derniers jours m’on montré que de vivre sans heure est très reposant et agréable. L’essentiel, telle une belle image d’un paysage ou d’un monument, un peu de repos, un sourire ou quelques mots échangés avec d’autres voyageurs ont, par exemple, suffit à occuper les quinze heures de trajet de la journée. Je vais essayer de prendre avec moi un peu de cette magie ralentissant le temps , je pourrais en faire bon usage à mon retour.

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